lundi 13 janvier 2014

Mouillages à Panama City

Et après avoir passé le Canal, où allons nous nous ancrer ?
En sortant du canal, il y a trois possibilités.
Le Balboa Yacht Club, le mouillage de Playita et celui de Brisas de Amador.
Le yacht club était notre premier choix, car c’est à cet endroit que nous avons laissé Eric, les pneus, Solenn et Thibault et tout le bazar. Malheureusement, il n’avaient qu’une bouée libre qui nous a été fauchée sous le nez par le catamaran avec lequel nous avons transité.
Nous sommes donc allés nous ancrer à Playita pour la première nuit. De là, on peut entrer dans la marina pour accéder au ponton — et c’est là que nous avons récupéré Solenn et Thibault.
Petite parenthèse: il y a deux marinas à ce bout du Causeway, la grande digue qui relie la ville de Panama à 3 petits ilôts. Mais elles sont, de l’avis de tous ceux avec lesquels nous avons parlé et de tout ce que j’ai lu, hors de prix. Nous n’avons donc même pas essayé.

Le lendemain, nous avons fait le tour du bout de la digue — sur lequel il y a un sémaphore qui régule le traffic entrant dans le Canal côté Pacifique, et sommes allés nous ancrer à Brisas de Amador.  Belle vue sur les gratte-ciel de Panama City, wifi gratuit (grâce à mon antenne qui capte le réseau) auprès de Internet Para Todos.  Il y a plein de bateaux ancrés autour de nous, des bateaux de voyage, des pêcheurs.
Le seul truc un peu tugudu (mot familial pour dire tout ce qui est compliqué, bizarre, difficile) est le débarquement en annexe. Il faut amarrer son dinghy à un ponton flottant délabré et tout rouillé, puis grimper dans une barque minuscule amarrée à un va et vient grâce auquel on se tire jusqu’au bord. Acrobatique et périlleux... Une personne à la fois c’est préférable ! Les marches de pierre grâce auxquelles on accède au quai sont archi-glissantes, il faut faire attention.
Mais bon, comme je vous le disais... c’est l’aventuuuuuuure !

                                                                                                                     Joya


La traversée du Canal comme si vous y étiez

Sir Ernest est dans le Pacifique. Voilà, ça y est, nous sommes de l’autre côté !
Laissez-moi tout vous raconter, depuis le début.

Passage du canal de Panama, premier jour.

1. Le Flat
Nous avons quitté Shelter Bay marina à 14h, vendredi après-midi, pour nous rendre sur le Flat. Il s’agit d’une zone de mouillage qui se trouve près de la tour de contrôle et où nous attendons l’arrivée de notre transit adviser.  Il y a déjà trois bateaux ancrés: un grand ketch, un catamaran bardé de pneus et un gros yacht à moteur. A vue de nez le cata devrait être notre partenaire pour ce transit. Let’s see...

Une demi-heure après l’heure dite, une pilotine arrive à fond la caisse: elle dépose les advisers sur leurs bateaux.

Hello, I’m Santiago, I’m here to help you with the transit.
Ok, let’s go. You can start the engine.

C’est parti !

2. En route pour la première écluse
Il y a environ 6 milles jusqu’à la première écluse. Nous devons y être à l’heure dite,  c’est à dire 17h30 aujourd’hui, pas trop tôt pour ne pas faire inutilement des ronds dans l’eau et surtout pas trop tard. Nous croisons des cargos de très très près, nous nous faisons dépasser, c’est impressionnant.


3. Les écluses de Gatun
Ce soir, nous allons faire monter Sir Ernest en altitude ! Il y a trois écluses montantes, pour passer du niveau de la mer à celui du lac Gatun. Arrivant à la première écluse en fin de journée, nous finirons le transit dans la nuit noire.
Juste avant d’entrer dans la première écluse, nous nous mettons à couple avec le catamaran. Comme il a deux moteurs, c’est lui qui assurera notre propulsion. L’adviser à son bord a l’air très compétent, le nôtre est un capitaine de remorqueur très calme et rassurant. Nous sommens entre de bonnes mains.  Rien à faire d’autre que de suivre leurs instructions.


A bord, nous avons les 4 très grosses aussières  obligatoires, nous avons bardé Sir Ernest de 8 pneus en plus de nos pare-battages et nous avons embarqué Eric, un jeune handliner qui a déjà transité plus de 300 fois. Il est super attentif et efficace.  Je regarde ce qu’il fait et je l’imite. Reste malgré tout un petit pincement d’inquiétude.

Le cargo rentre le premier dans l’écluse (the chamber) aidé par un remorqueur. Une fois dedans, il sera tiré par des locomotives.  Vient ensuite le yacht à moteur,  qui s’amarre à la paroi de droite et enfin nos deux bateaux amarrés ensemble qui se placent au milieu de l’écluse. 
Vite-vite, sans perdre de temps, il faut attraper les pommes-de-touline lancées depuis en haut, y amarrer nos grosses cordes bleues et renvoyer le tout. 


A peine le temps de finir la manoeuvre que l’écluse se remplit. A toute vitesse, avec de gros remous, cela tire fort sur les taquets d’ammarrage !

Nous répétons la manoeuvre trois fois. Et c’est dans la nuit noire que notre adviser nous dirige vers la grosse tonne à laquelle nous allons nous amarrer pour la nuit.



Passage du Canal, deuxième jour.

Le lendemain matin, debout à 6 heures, à l’aube , car notre nouvel adviser est censé arriver à 6h 30. A l’heure dite, personne. Le temps passe. Toujours personne. Sur le catamaran on s’active: nettoyage du bateau au jet et séchage à la peau de chamois... c’est pas sur Sir Ernest qu’on ferait cela. Finalement à 8 heures, n’y tenant plus,  je réveille Eric qui dort toujours.  Il nous informe alors qu’il a eu hier soir un appel de Roy l’informant d’un changement de programme. L’adviser ne viendra pas avant 8h30...
Gasp ! Thibault et Solenn doivent prendre l’avion en fin de journée, ce retard ne me dit rien qui vaille.

1. Arrivée des advisers et traversée du Lac Gatun
Voici les advisers. Aujourd’hui c’est Franklin,VHF en bandoulière et air très concentré. 
On sent qu’il veut bien faire les choses. En route pour la traversée du lac Gatun, 25 milles de chenal  — c’est magnifique.  Paisible.
 
2. Les écluses de Miraflores
Cette fois, nous sommes devant un gros cargo très large, il touche presque les parois des écluses. Du coup les manoeuvres prennent du temps et nous piaffons d’impatience. La descente est beaucoup moins stressante que la montée. On a le temps de s’amarrer tranquillement, l’eau descend sans faire de remous, et en plus, c’est presque devenu de la routine.
J’apprends que tous les advisers sont des employés de la Compagnie du Canal, qui font ce travail sur leur temps libre. Ils n’ont pas vraiment le choix, c’est une condition d’engagement. Franklin travaille normalement dans un bureau, mais l’adviser de notre voisin est pilote pour les cargos. Nous sommes encore une fois dans de bonnes mains ! Et c’est sûr, ils connaissent leur affaire.

3. El Pacifico !
Les portes s’ouvrent et nous voici dans le Pacifique. La pilotine vient chercher Franklin, le cargo avec lequel nous avons partagé l’écluse nous dépasse, nous déposons Eric, les amarres, les pneus, Solenn, Thibault et leurs sacs sur une lancha à la zone de mouillage de Balboa... Il leur reste moins d’une heure avant le départ de leur vol, il faudrait un miracle. Soudain, il n’y a plus que Mahaut et moi à bord de Sir Ernest.


Nous avons failli commencer le voyage en nous plantant en beauté dans un banc de sable. Une marche arrière vigoureuse de Sir Ernest, pour une fois de bonne volonté, et nous évitons le pire – parce que bien entendu, nous sommes à marée descendante !
La nuit tombe rapidement et il nous faut trouver le mouillage de Playita, un peu plus loin au sud.  Nous mouillons un peu à l’aveugle dans la nuit noire. Petit calcul express: on est à marée basse, il y a 4 mètres de marnage, combien dois-je mouiller pour me sentir bien ? Facile ! 30 mètres...

Solenn et Thibault ont raté leur avion, ce qui était un peu prévisible. Retour en taxi depuis l’aéroport (40$ aller – 40$ retour....) et nous gonflons l’annexe pour aller les chercher au bord.  

Ha ha, c’est l’aventuuuuure ! 

dimanche 12 janvier 2014

Le canal avec un agent

Comme je vous l’ai dit, nous avons choisi de faire appel à un agent afin de lui déléguer la paperasserie des  formalités d'immigration et du transit du canal. Evidemment, ce service n’est pas gratuit, cela coûte 450 $ chez Roy Bravo, mais :

- il répond très rapidement (dans la journée) à tout email et à toute demande d'information.

- il est venu plusieurs fois au bateau - il était présent au moment de la visite du mesureur.

- il était très concerné par les problèmes d’avion de Thibault et Solenn, et il a fait ce ce qui était en son pouvoir pour nous obtenir un transit le plus rapidement possible

- il a retardé nos formalités d’entrée et de sortie du pays, nous évitant ainsi de payer un cruising permit et un visa (car nous sommes restés dans les délais de tolérance)

- il est très fiable

et en plus, il est vraiment très sympa et adore son boulot !


Donc, pour celles et ceux que cela pourrait intéresser, voici ses coordonnées au bas de la page. Même si vous passez le canal dans dix ans, il sera encore là: son rêve serait de pouvoir travailler avec une de ses filles…

Joya



Roy Bravo 
General manager
Emmanuel Agencies SA
emmanuelagencies@emmanuelagenciessa.com 
roybravo67@yahoo.com
Mobile: (507) 6678-6820





jeudi 9 janvier 2014

Avant de passer le canal

Le canal de Panama ! Je ne sais pas ce qu’il en est pour vous, mais pour moi, c’est un mythe. Le genre de truc dont on se dit “j’aimerais bien voir ça un jour dans ma vie...”. Et nous y voici, ici sur la carte, dans le creux entre l’Amérique du nord et l’Amérique du sud. C’est fabuleux.

On ne se présente pas ici sans montrer patte blanche. Les Etats-Unis sont au détour du sentier ! Tout est hyper organisé et il est impossible de ruser si l’on souhaite passer dans l’autre océan. Cela fait donc plusieurs mois que je lis des blogs et écume le Net pour me faire une idée de ce qui nous attend ici ...

Première question: faut-il passer le canal avec un agent ? Ou sans agent ?
Un agent est un transitaire qui effectue à votre place les nombreuses formalités  officielles qui attendent le skipper à son arrivée à Panama. Formalités d’entrée dans le pays d’une part — douanes et immigration. Et les formalités propres au passage du canal d’autre part.

J’avoue avoir choisi la voie de la facilité. Et ne le regrette pas: nous avons un timing serré et les descriptions des formalités do-it-yourself semblent plutôt chronophages.  
Mais c’est sûr qu’en faisant appel à un agent, nous nous privons du plaisir de sillonner la ville en taxi, d’un bureau à un autre, de faire des heures de queue pour enfin avoir le droit de pénétrer dans le bureau d’un fonctionnaire plus ou moins aimable qui apposera un tampon sur notre passeport et remplira des formulaires ...
J’ai l’air de critiquer ? En fait, j’adore ces démarches, même si elles prennent du temps et de l’énergie, car elles sont une occasion unique de voir comment les gens travaillent dans les pays que nous visitons, le genre de mobilier, d’ordinateur, l’ambiance.
(A propos, pour ceux qui feraient ces formalités tous seuls: tenue correcte exigée pour entrer dans les bureaux. Pas de shorts, donc. Pantalon long obligatoire pour les Messieurs.)

Cette année,  alors que j’étais encore à La Gomera, j’ai contacté deux agents à l’excellente réputation pour leur demander un devis et finalement choisi de travailler avec Roy Bravo. Pour le moment, c’est un excellent choix.

Lorsqu’on se rapproche de Colòn — la ville qui marque l’entrée du Canal côté Atlantique, le trafic des cargos s’intensifie. Cela n’a rien à voir, cependant, avec les alentours de Gibraltar.  Pour que cela ne soit pas la pagaille, un sémaphore veille et régule le passage des cargos. 

Il faut s’annoncer une première fois à 8 milles de l’entrée sur canal 12 VHF à Cristobal Signal - le sémaphore répond en anglais et en espagnol. Selon l’intensité du trafic, on vous fera peut-être suivre une route précise mais, ce qui nous concerne, nous avons simplement rappelé Cristobal Radio un mille avant l’entrée de la digue pour demander l’autorisation de passer. Mieux vaut ne pas s’y trouver nez à nez avec un porte-container chargé à bloc.

Une fois à l’intérieur, nous avons tourné tout de suite à droite pour nous diriger vers Shelter Bay Marina. 
Pas la solution la moins onéreuse, mais très pratique. Cela fait du bien de retrouver un ponton après deux mois de mer, notamment pour charger les batteries à l’électricité (Panama fonctionne au 110V américain mais la marina met des convertisseurs à disposition) et faire les quelques réparations nécessaires sans être secoué par le clapot.

Lundi matin, le jour suivant notre arrivée, nous avons reçu la visite de Roy Bravo, notre agent, et d’un fonctionnaire du canal de Panama qui vient visiter et mesurer le bateau.
Il s’agit de la 1ère étape indispensable pour avoir une date de passage. La mesure ne se fait qu’une fois dans la vie du bateau; Sir Ernest est maintenant l’heureux détenteur d’un passeport du Canal, son SIN – Ship's Identification Number – valable à vie.

Le mesureur est donc venu à bord du bateau, il a tiré une chevillière entre l’extrémité du bout dehors et celle du régulateur d'allures (12m40), mesuré la largeur du bateau (3m40), posé quelques questions sur le bateau: puissance du moteur, vitesse, consommation de fuel, avons-nous une corne de brume à bord, un compas, des toilettes et une cuve à eaux noires – répondre oui -,  un taud de soleil. Avez-vous des aussières qui satisfont aux critères du canal (environ 40 mètres de long et 22mm de large) ? Il en faut 4 – que nous louerons à Roy; il nous faut encore des pneus emballés en guise de défenses car ils sont plus solides que nos pare-battages.
Une fois cela fait, tous les formulaires remplis, le mesureur repart et nous attendons de savoir quel jour nous pourrons transiter.

Normalement, nous sommes inscrits pour passer demain vendredi 10 janvier. Mais une incertitude demeure. Aujourd’hui  9 janvier est un jour férié ici à Panamà  - Martyr’s Day. Or il faut impérativement un transit adviser  - un pilote, si vous voulez - à bord de chaque bateau de plaisance en transit... nous espérons donc que ces Messieurs n’auront pas tous fait le pont.

Pour notre part, nous sommes prêts: pleins d’eau, lessives, avitaillement, réparations, fichiers météos chargés, route pour les Galapagos entrée dans le GPS...  tout est fait, sauf ce que j’ai oublié.

J’aimerais encore tenter d’apercevoir des singes, éventuellement tester la piscine et  surtout profiter de la Happy Hour au bistrot – boissons à moitié prix de 5 à 7 !


mercredi 8 janvier 2014

La traversée

Comme je l’ai dit précédemment, la traversée jusqu’à Panama n’était franchement pas facile. Nous sommes partis le vendredi 27 décembre tôt le matin et nous sommes arrivés dimanche 5 janvier.

Nous n’avons jamais vraiment le temps de nous ennuyer en traversée. Je vais vous raconter ma journée type. Joya venait me réveiller à quatre heures du matin pour faire mon quart qui durait jusqu’à peu près sept heures et quart du matin. Pendant la première heure de mon quart, j’écoutais toujours de la musique, tout simplement parce que je ne pouvais pas faire grand-chose tant que je n’étais pas complètement réveillée. Ensuite, quand je commençais à m’ennuyer, j’écoutais un podcast. Ou plutôt deux, un par heure. Soit j’écoutais des podcasts comme histoire vivante de RTS, soit des podcasts sur la culture pop ou sur les jeux vidéos venant de l’Ipod de mon frère. En plus d’être intéressants, ils “tiennent compagnie”. Etre tout seul dans le noir pendant trois heures d’affilée peut être un petit peu oppressant, alors entendre des voix qui rient ou discutent fait vraiment du bien. En plus, contrairement à lire un livre, nous pouvons barrer lorsque le régulateur d’allure (le barreur automatique à la voile) n’arrive plus à tenir le cap tout en continuant à profiter de l’émission.
Vers six heures et demie, la nuit s’éclaircissait et à sept heures, le jour était complètement levé. Ensuite, Joya se relevait, venait me remplacer et je retournais me coucher pour quelques heures. Pendant ce temps-là Thibault et Solenn se levaient à leur tour et prenaient leurs petits déjeuners. J’avais souvent du mal à me lever dans la matinée parce que je ressentais toujours un petit peu de mal de mer qui donne énormément envie de dormir.
Vers midi, une heure, nous mangions tous ensemble des choses simples comme de la salade mixte (maïs, tomate, salade, pamplemousse, etc.) Ou des sandwichs avec un pain que Joya avait fait. Ensuite, les adultes allaient à tour de rôle faire une sieste et pendant ce temps, je m’occupais en lisant (j’ai fini Bel-Ami de Maupassant pour le cours français, Le cercle littéraire des amateur d’épluchures de patates de M.-A. Shaffer et A. Barrows et War Horse de M. Morpugo pour le cours d’anglais), en regardant la mer ou en jouant à la 2DS. Le problème avec les appareils électroniques, c’est qu’ils ont souvent besoin de se recharger. Lorsqu’il fait beau, nous utilisons l’énergie des panneaux solaires mais il faut être parcimonieux et, mine de rien, il y a beaucoup d’appareils.



Le moment le plus agréable de la journée était (comme toujours) l’apéro. Comme le soleil se couche très tôt, nous nous sortions les chips, les cacahouètes, les bière et les coca vers cinq heures. J’adore prendre l’apéro sur le bateau parce que nous sommes tous réunis et c’est le principale moment où nous discutons. Solenn et moi nous partagions un coca et Joya et Thibault une bière, la plupart du temps.
Ensuite, vers six heures, Joya préparait à manger et nous mangions à la tombée de la nuit. Les repas ont été du riz au chorizo, une pizza maison, un barracuda que nous avons pêché le 31 décembre, des crêpes, des pâtes aux petits pois et aux carottes, etc. Après manger, Solenn prenait son quart jusqu’à dix heures, puis Thibault jusqu’à une heure du matin et Joya jusqu’à quatre heures où elle venait me réveiller.

Les premiers jours ont été assez éprouvants. Nous avons dû passer à travers de nombreux grains. A la fin de mon quart, le premier jour, j’ai été complètement trempée par une averse traître. On aurait dit une vraie douche. Heureusement, lorsque le soleil brillait, il faisait suffisamment chaud pour que toutes nos affaires sèchent rapidement. Nous n’étions pas encore amarinés alors nous avons tous pris plusieurs gouttes de Stugeron (un médicament très efficace pour contrer le mal de mer). J’ai été très assommée et j’ai beaucoup dormi.
Toutes les traversées sont toujours très différentes et pourtant elles se ressemblent toutes un peu. Nos occupations sont souvent similaires. Nous lisons toujours beaucoup, nous écoutons des podcasts et nous regardons simplement la mer. 

Et puis, il y a évidemment toutes les petites réparations quotidiennes. Nous avons dû réparer une bosse de ris dans la grand-voile puis une fixation d’écoute. Joya a aussi découvert du fuel dans les fonds de cale et cela a provoqué une certaine dose d’inquiétude tout au long de la traversée. Mais il semble que ce ne soit pas grave. Ensuite, il y a eu du vent très fort à partir du milieu de la traversée et de très hautes vagues. La navigation est devenue très inconfortable parce que le bateau bougeait dans tout les sens avec des mouvements violents et totalement imprévisibles. Résultat des courses : un verre, un bol et la cafetière brisée. Nous avons appris à ranger et caler très minutieusement absolument tous les objets. Quant à nous, nous avons récolté plusieurs bleus, Thibault s’est fait très mal au pouce en essayant de réparer un ressort (c’est là que notre pharmacie personnelle nous a bien été utile) et Joya s’est brûlée avec le four. Mais au final, ce n’est pas catastrophique et il n’y a eu aucune blessure vraiment grave, donc tout va bien. 
Solenn et moi avons essayé de travailler pour l’école puisqu’il doit préparer ses examens qui arrivent et qu’il ne faut pas que je prenne trop de retard pour le collège. Pour l’instant, je me concentre sur les maths et la physique tant que Thibault et Solenn sont là pour m’expliquer et corriger mes erreurs. Malheureusement, cela bougeait trop pour que je puisse travailler efficacement alors je me rattrape maintenant.


Désormais, nous attendons de pouvoir traverser le canal ce qui devrait se faire vendredi. Nous donnerons bientôt plus d’information sur Panama.




dimanche 5 janvier 2014

Arrivés à Panama

Nous sommes arrivés ! Je ne peux pas vraiment dire enfin, parce que nous avons navigué plutôt vite. Nous avons mis neuf jours et des poussières pour parcourir les mille cent dix-huit miles marins qui nous séparaient de Panama. Pour un vieux bateau comme Sir Ernest, c’est plutôt une fierté.
Le voyage a été profondément éprouvant pour nous tous. La traversée de la mer des Caraïbes est réputée pour être très difficile et elle a confirmé sa réputation avec brio. Les vagues étaient très hautes, jusqu’à cinq ou six mètres, et le bateau était très balloté de tous les côtés. Nous avons eu constamment du vent arrière et la voile d’artimon nous a beaucoup servi ainsi que le génois et la trinquette. Le vent a soufflé très fort pensent deux ou trois jours, et nous avons fini par nous habituer au petit symbol 30 sur notre anémomètre. Trente noeuds de vent, ce n’était pas de tout repos. Mais nous nous en sommes très bien sortis, et sincérement, naviguer à quatre est toujours un plaisir. Pour ma part, j’ai beaucoup dormi parce que j’étais souvent assomée par le mal de mer. Nous avons tous lu énormément et nous avons profité de nos quarts (les veilles de nuit) pour écouter des heures et des heures de podcasts. Ce qui est bien avec la musique et les podcasts, c’est qu’ils laissent les mains libres pour s’occuper du bateau. Je raconterai en détails comment se déroule une traversée plus tard.
Pour l’instant, nous sommes tous très heureux d’être arrivés à Shelter Bay Marina, juste à l’entrée du canal de Panama. Nous avons pris contact avec un agent qui va nous faciliter les formalités. Demain, les autorités du canal vont venir mesurer le bateau. Nous verrons ensuite.
Désormais, la nuit est tombée sur la marina et, après un joli petit apéro frais (nous avons remis le frigo en marche !), nous allons bientôt nous diriger vers le petit restaurant du port. Ah, un bon steack ! Vous n’imaginez pas à quel point j’en rêve !


Mahaut