jeudi 6 février 2014

Suite d'une semaine bien remplie !

 Jeudi dernier, nous avons voulu faire la balade que j'avais eu la flemme de faire le premier jour. Il fallait donc monter jusqu’en haut du Cerro Las Tijeretas puis partir redesendre de l’autre côté de la falaise. En arrivant à San Cristobal, nous étions fatiguées et je pense que ce fut une bonne chose de ne pas y aller la première fois. Mais désormais, nous étions en pleine forme et désireuses de faire une bonne marche un peu moins touristique. Finis, les jolis chemins en pierre construits exprès pour nos jolis pieds ; nous nous retrouvions sur un petit sentier de terre battue. C’était vraiment génial, cela sentait bon les herbes sèches et le chemin était balisé par de petits poteaux noirs et blancs. Et même –comble du luxe !- il y avait occasionnellement de mignons écriteaux flèchés qui nous indiquaient la direction. Ma dernière expérience de vraie marche avait été les chemins de la Gomera qui étaient un cauchemar pur de signalisation. Alors c’est avec bonheur que j’appercevais de loin en loin des potelets rassurants.
  
Et puis, soudain, nous nous sommes retrouvées face à un déboulé de pierres volcaniques et plus de signalisation. Nous avons tourné pendant un bon quart d’heure en cherchant la suite du chemin. Finalement, en descendant vers la gauche sur les pierres, on retrouvait (oh ! miracle !) un poteau. La fin du trajet a été considérablement plus aventurière que le début parce qu’il fallait constamment escalader des rochers un peu branlants. Nous avions chaud sous le soleil brûlant des Galapagos
Enfin, le chemin de terre rouge a pris des teintes blanches et une sublime plage de sable fin s’est ouverte devant nous. Je connaissais le bonheur de manger en ayant très faim ou de boire de l’eau fraîche en ayant très soif. J’ai découvert le bonheur absolu de découvrir une magnifique plage déserte après une heure et demie de marche sous le soleil. Je pense que le sentiment de l’avoir méritée, cette plage, nous l’a rendue mille fois plus belle. Nous étions seules, si ce n’est une dizaine de bernard-l’ermite, quelques crabes rouges et cinq tortues marines qui nageaient paisiblement dans leur coin. L’eau était fraîche et il y avait de petits arbustes sous lesquels nous abriter du soleil. Avis à tous les amateurs de marche : la plage Ochoa est un paradis sauvage.

C’est comme ça un peu partout aux Galapagos. La nature semble clamer qu’elle vit très bien sans les humains et qu’au final, nous ne sommes que des intrus dans son monde. C’est vraiment beau à voir.

Le lendemain, nous avons enfin fait le tour au León Dormido qui nous faisait envie depuis le premier jour. El León Dromido ou Kicker Rock est un immense rocher dans la mer à quelques milles des côtes. De loin, il ressemble à un lion endormi, d’où son nom. C’est un endroit absolument magnifique pour plonger et snorkeler. Toutes les agences de plongée proposent ce tour qui comprend deux plongées ou snorkeling et un arrêt à midi sur une plage pour manger.
Cela faisait depuis notre arrivée que nous tournions autour des agences pour comparer les prix (qui étaient tous les mêmes : 80.- pour la journée de plongée). Nous avions jeté notre dévolu sur une grande boutique dans la première rue qui monte dans la ville, tenue par une jeune femme très gentille. Elle nous avait prévenues de ne pas faire de plongée les jours précédents car la houle était trop forte et cela gacherait notre journée. Au final, nous y sommes allées vendredi et nous avons bien joué notre coup parce que nous avons eu une journée suberbe.
A neuf heures et demie, nous nous sommes présentées sur le port avec palmes, masques et combinaisons prêtées par l’agence. Nous étions douze à embarquer dont cinq qui plongeraient avec des bouteilles. Il y avait aussi deux hommes qui s’occupaient du bateau, un guide et un jeune homme responsable des plongées. Nous sommes rapidement partis et nous nous sommes d’abord arrêté près d’une jolie plage pour que les plongeurs testent leurs équipements. Puis, nous nous sommes rendus au León Dormido. Deux immense rochers sortaient tout droit de la mer et s’élevaient dans le ciel. Leurs sommets étaient plats et des centaines d’oiseaux tournoyaient au-dessus. Nous avons essayé d’appercevoir des fous à pattes bleues, qui ne vivent que sur ces îles, mais, sans jumelles, nous n’avons rien pu voir avec précision. 
Le guide nous a accompagné dans l’eau et nous avons nagé dans le passage entre les deux rochers. Le bateau est venu nous reprendre de l’autre côté. L’eau était froide au début, mais nous avons fini par nous habituer et profiter du spectacle qui s’étalaient sous nos yeux. En banc de requin nageait sous nous. Ils étaient une dizaine à avancer paisiblement sans se soucier des sept paires d’yeux qui les observaient avec fascination. C’étaient de petits requins qui ressemblaient beaucoup plus à de grands poissons qu’aux monstres des océans qui terrorisent l’imagination. Malheureusement, nous n’avons pas vu de requins marteaux. Sur le bord des falaises, il y avait des centaines de magnifiques poissons de toutes les couleurs.
Nous sommes ressortis de l’eau avec d’immenses sourires sur nos visages. Trente minutes nous avaient semblés bien courtes.
L’équipage nous a donné des petits paquets de chips locales, les chiflets, qui sont plus épaisses que nos chips de patates et faites d’une sorte de bananes. Ah ! que c’était bon !
Un fois récupéré les plongeurs, nous sommes partis vers la côte et vers la plage Manglecito où ils nous ont donné un plat de poisson frit, de riz et de salade qui était parfaitement ce dont nous avions besoin. Ensuite, nous avons eu tout le temps du monde pour digérer et nous réchauffer au soleil sur la plage.  
Seul bémol : une sorte de mouche semblable à des taons qui nous dévoraient les jambes. C’était franchement insupportable, saletés de mouches.
L’après-midi, nous sommes retournés snorkeler, mais un courant fort nous poussait et la visibilité était devenue mauvaise. C’était très impressionant de se faire balloter comme ça par les vagues et le courant. Nous avons quand même vu plusieurs tortues qui nageaient un peu en profondeur. Mais il n’y avait pas grand chose à voir alors nous sommes sortis rapidement de l’eau. Les plongeurs ont eux bien profité et nous ont rapportés avoir vu des raies manta et des requins marteaux... Nous ? Jalouses ? Oui, un peu... Cela m’a bien déterminée à passer mon PADI, le certificat de plongée.
J’ai beaucoup discuté avec une jeune australienne qui était au Galapagos pour faire du volontariat. J’étais contente de pouvoir parler anglais. Au moins, je peux échanger des infromations, alors qu’en espagnol je suis tout juste capable de sourire timidement en lançant des si, no et gracias de temps en temps. Il y avait aussi des suisses allemands ! Que le monde est petit. Joya a discuté un bon moment avec ce couple très sympa. J’étais aussi contente de comprendre l’allemand, même si j’étais trop embrouillée avec toutes ces langues qui se mélangeaient pour formuler des phrases. Une langue après l’autre, si vous le voulez bien.

Samedi, jour du marché, nous sommes allées tôt en ville pour acheter des fruits frais et faire un peu d’avitaillement. Ensuite, nous sommes allées manger dans le petit resto “Rosita”. Nous avons commandé le plat du jour, une soupe de poisson vraiment délicieuse puis du poisson ou de la viande avec du riz et de la salde. C’est le plat typique d’ici et, pour cinq dollars, un repas aussi complet est absolument génial.
L’après-midi, nous avons voulu snorkeler près de la Tijeretas mais il y avait trop de monde. Nous avons préféré nous balader sur la plage Carola et faire un peu d’internet. Une jolie petite journée comme on les aime.

Dimanche, j’avais désespérement envie de dormir et de me reposer alors nous sommes restées au bateau jusqu’à l’après-midi où nous avons fait de l’internet et nous nous sommes baladées une dernière fois dans la ville. Nous sommes parties lundi matin à six heures du matin pour Santa Cruz.


Pour ma part, j’ai adoré San Cristobal. J’ai adoré la ville et ses habitants tellement gentils, les plages magnifiques et surtout les otaries tellement choues ! Cette île va me manquer.

Mahaut

samedi 1 février 2014

2 ou 3 choses que je sais d'elles (1)



A force de retourner au Centro de interpretacion, à force aussi de baragouiner avec les gens  (mon espagnol fait des progrès mais ce n'est pas encore génial) nous avons appris 2-3 choses intéressantes sur les Galapagos dont nous allons vous faire profiter.

Un peu de météo
Comme dans tous les pays tropicaux, il y a ici 2 saisons. La chaude — caliente, de décembre à mai— et la froide — garùa, de juin à novembre.
En été, l’eau fait environ 25o, parce que c’est le courant chaud de Panama qui prédomine,  et il pleut souvent.  
L’autre jour, la nana d’une des boutiques de plongée où nous nous renseignions à propos des excursions en mer me disait: mais l’eau est chaude en ce moment,  elle est à 23o... la semaine dernière elle était à 18o !
En hiver, ce sont les courants froids venant du sud et de l’ouest qui refroidissent la température de la mer et celle de l’air.

Le climat des îles est donc déterminé par les 3 courants qui baignent ces îles. Venant du nord, le courant chaud de Panama qui nous a poussées presque jusqu’à l’arrivée. Venant du sud-est, de la côte sud-américaine, le courant froid de Humbolt. C’est celui qui est célèbre à cause du phénomène climatique El Niño. Et venant de l’ouest, c'est à dire du grand Pacifique, le courant de Cromwell. Ces courants forment comme des rivières d’eau de mer qui viennent heurter brutalement la plateforme souterraine d’où émergent les Galapagos. A l’approche des îles on passe  soudain de plus de 3000 mètres de fond à 300, puis 100, puis 30 mètres. Une vraie falaise sous-marine.

Petite image: la dernière nuit avant d’arriver à San Cristobal, nous nous sommes mises à la cape pour attendre le jour. Il faisait nuit noire, sans vent, mais l’eau gargouillait et friselait comme une rivière à cause du courant ... une rivière lumineuse, à cause du plancton phosphorescent dans l’eau. Très beau, et un peu effrayant !

Un peu d’histoire
Les ìles Galapagos ont été découvertes en 1535, par des Espagnols qui, partis de Panama, se sont retrouvés englués au large de la Colombie dans les calmes de la ZIC et ont dérivé pendant des jours et des jours. Il ne leur restait plus que très peu d’eau et les marins commençaient à mourir de soif lorsqu’ils ont aperçu les îles. Ce n’est pas tout de trouver les îles, encore faut-il trouver de l’eau dans cet enchevêtrement de rochers et de broussailles piquantes. 

Ce n’est qu’après avoir débarqué sur une 2e île et après quelques morts de plus qu’ils ont enfin trouvé de quoi remplir leurs réservoirs.

A partir de là, l’histoire des Galapagos se gâte. Les îles sont d’abord un refuge de pirates, puis les baleiniers découvrent la manne: des lions de mer peu farouches et surtout leurs bébés pleins de fourrure, des tortues par milliers qui se savent pas se défendre...  
C’est le massacre qui continuera ainsi pendant 2 siècles. Vers 1840, les rues de Guayaquil, en Equateur, étaient éclairées à l’huile de tortue, cela donne une idée de l’hécatombe.

Puis ce sont les hommes qui essaient de s’installer sur les iles et cela ne se fera pas tout seul. L’eau est rare, les terres fertiles difficiles à exploiter. En guise de main d’oeuvre bon marché, des colons à poigne de fer ont l’idée d’offrir la liberté à des condamnés équatoriens en échange de leur force de travail. Plusieurs colonies ont ainsi été créées. Les projets utopistes ont abouti au meurtre du patron par ses travailleurs affranchis, et les autres colonies étaient de véritables bagnes dont l’histoire s’est aussi terminée en bain de sang. Le dernier en date, la colonie pénitentiaire d’Isabella, n’a fermé qu’en 1959 après une révolte sanglante et un scandale dans la presse internationale.

Bref, on était loin du paradis fièrement autoproclamé aujourd’hui.

Paradis pour les touristes qui viennent s’extasier devant la faune merveilleuse. Pour les insulaires, il en va autrement. Nous vous raconterons une autre fois tous les défis que ces îles doivent maintenant affronter.




Un début de semaine bien rempli !

Cela fait une semaine que nous sommes sur San Cristobal. En débarquant le premier jour sur le magnifique dock artisanale de Puerto Baquerizo Morena une pancarte nous indiquait “Welcome to San Cristobal, capital of paradise”. Est-ce vraiment le paradis ? En tout cas, c’est clairement celui des otaries. Il y en a absolument partout. Il est fortement conseillé de ne pas utiliser sa propre annexe pour aller à terre parce qu’elle sera colonisée. Effectivement, des otaries se prélassent sur tous les bateaux de pêche, sur le quai, sur les marches du port et sur à peu près toutes les plages de l’île. Cet après-midi, alors que je nageais autour du bateau, une forme brune a foncé sur moi depuis le fond. J’ai eu tout le temps de me rappeler l’histoire d’une fille qui s’était fait mordre avant que l’otarie ne passe à côté de moi comme un bolide, suivie de près par une autre. Elles n’étaient pas agressives du tout, mais pour être honnête, je préfère les observer de loin. Leurs dents ne sont pas très rassurantes. Mais les bébés sont vraiment trop mignons !
Il paraît que l’otarie est une espèce en danger, ce qui est sûrement le cas dans l’ensemble du monde, mais pas sur San Cristobal. Nous sommes vraiment au paradis des otaries. 


Et pour les humains ? Pour qui aime un minimum la nature, l’océan et snorkeler, je répond sans hésitation oui. Mille fois oui. L’île est absolument sublime, les gens sont très gentils et il y a tellement de choses à voir !
Le premier jour, nous avons épluché en détails toutes nos options, grâce aux cartes et au petit dossier que nous avait donné notre agent. Ce qui est bien, c’est qu’il y a beaucoup de choses à faire gratuitement, sans guides obligatoires.

El Centro de Interpretación est le petit musée local qui nous a fourni de nombreuses informations sur la formation des îles, leur histoire et les défis qu’elles doivent affronter aujourd’hui. Pour y accéder, il faut monter sur un petit chemin en pierre au milieu des arbres. Le batiment est vraiment magnifique et très moderne. En sortant du musée, de l’autre côté, un même chemin en pierre mène à un point de vue et une plage. En marchant tranquillement, nous essayions de nous imaginer le calvaire que cela pouvait être pour des marins en manque d’eau. Le paysage est très aride avec beaucoup de pierres volcaniques. Grâce aux infrastuctures touristiques, c’est désormais un bonheur de se balader, mais ce devait être une toute autre histoire à l’époque...
Cerro Las Tijeretas est le point de vue qu’il est possible d’atteindre en sortant du musée. Cerro veut dire colline en espagnol et Las Tijeretas sont les frégates toutes particulières de l’île. Tijeretas est plus une falaise qu’une colline et il nous a fallu gravir un long escalier de bois pour arriver au point de vue. Nous y sommes allées le lendemain de notre arrivée et nos jambes ont un peu souffert de la montée. C’est qu’on avait perdu tous nos muscles à force de rester dans le bateau ! La vue sur le port, sur l’océan et sur les dizaines de frégates qui tournoyaient dans le ciel était magnifique. Cela valait bien notre petite dose de souffrance ! Un petit chemin de terre partait du haut de la colline et redescendait de l’autre côté mais une pancarte où figure : “2km, 1h30” m’a découragée. Nous avons reporté cette balade pour un autre jour.
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En descendant du point de vue, nous sommes allées à la Playa Carola. La marée était basse et nous avons snorkelé avec des rochers à quelques centimètres de nos ventres. C’était la première fois que je snorkelais depuis plus de deux ans, et ça a été comme un coup de foudre. Quel bonheur ! Il y avait des centaines de poissons et j’ai même nagé pendant quelques minutes avec une tortue. J’aurais pu rester des heures dans l’eau.

Le jour suivant, nous nous sommes baladées un peu dans la partie moins touristique de la ville. Ville est un bien grand mot, il y a au total sept mille habitants sur l’île. La journée, il n’y a presque personne dans les rues. Tout le monde est sur le bord de mer ou en train de conduire des excursions. Les maisons ont rarement plus d’un étage, mais elles ont toutes les fondations pour un second étage. Cela donne l’impression que toute la ville est encore en construction. 

Nous avons marché jusqu’à la route principale qui n’a clairement pas été pensée pour les piétons. Il n’y a pas de trottoir et tous les conducteurs nous regardaient avec un air étonné. Le jour d’avant, un habitant nous avait expliqué que les gens marchaient très peu aux Galapagos. J’imagine que nous étions une drôle de vision : deux filles qui marchaient au bord de la route avec de gros sacs à dos et un sourire jusqu’aux oreilles sous nos chapeaux. 

En suivant la route principale, nous avons rejoint un chemin qui menait jusqu’à un autre must de San Cristobal : la plage La Loberia. C’est un lieu génial pour observer des otaries et snorkeler. Après une demi-heure de marche au bord d’une route goudronnée très peu fréquentée, nous sommes arrivées à la plage. Une jeune femme habillée en ranger des Galapagos nous a prévenu qu’un mâle otarie du côté gauche de la plage était assez agressif et qu’il valait mieux éviter de nous approcher. Elle nous a aussi rappelé la règle : ne jamais s’approcher des animaux à moins de deux mètres. Nous avons alors pu poser nos affaires sous une tente innocupée de La Policia auprès de deux couples. Nous étions seulement six sur la plage, ce qui nous laissait toute la place du monde pour snorkeler. Là aussi, c’était le bonheur pur. Nous avons vu deux suberbes tortues et j’ai croisé une immense raie, tellement majestueuse ! Et puis, il y avait encore et toujours beaucoup de magnifiques poissons de couleurs. En sortant de l’eau, nous avons passé un long moment à observer une colonie d’otarie et une dizaine de bébés. Nous les avons regardé se traîner sur la plage pour atteindre l’eau et s’écraser tête la première dans le sable en attendant qu’une vague viennent les cueillir. C’était tellement chou ! 

Pour le retour, nous avions entendu dire qu’il était possible de se faire ramener pour un dollar par personne en taxi jusqu’à la ville mais nous avons préféré marcher. Le ciel s’était couvert et le soleil ne tapait plus aussi fort. Cela ne nous a pas empêché de revenir rouges comme des tomates au bateau. Surtout moi, parce que Joya est déjà tellement bronzée qu’il n’y a plus beaucoup d’endroits où elle risque d’attraper un coup de soleil.

Le lendemain, nous avons pris un jour de repos. Ou plutôt, un jour de repos à la Sir Ernest. Joya en a profité pour faire tout un tas de petites réparations et de révisions. Moi, j’ai dormi aussi longtemps que possible puis j’ai travaillé pour l’école. Puisque nous partons tôt et rentrons le soir sur le bateau, je n’ai pas beaucoup de temps pour l’école. J’apprend plein de choses, mais elles ne sont pas vraiment au programme du collège. Alors j’en ai profité pour bosser un peu les maths (je préfère quand même m’extasier sur les tortues et les otaries) et pour lire mon livre d’allemand. Sans grande surprise, ça a été la journée la moins géniale que nous avons passée ici.

Mercredi, nous avons fait le tour de l’île en taxi. C’est l’un des tours proposés qui nous emmène au lagon El Junco puis voir les immenses tortues des Galapagos dans le site protégé Galapaguera Cerro Colorado et enfin à la plage Puerto Chino. J’ai surtout adoré voir le lagon. C’est un immense réservoir d’eau douce tout en haut de l’île, à 650 mètres d’altitude. Nous avons soudain eu l’impression d’être transportées à l’autre bout du monde. Fini les cactus et les herbes sèches. Nous étions entourées d’une végétation moussue d’un magnifique vert foncé et des chapes de brumes descendaient de la colline. Plusieurs frégates nous ont survolées tandis que nous faisions le tour du lagon. Nous avons appris qu’elles venaient se nettoyer les ailes du sel dans le cratère et, effectivement, nous en avons vu plusieurs plonger dans l’eau. C’était absolument génial. 
Le taxi nous a ensuite mené à la Galapaguera où des tortues sont élevées artificiellement pour les protéger car c’est une espèce gravement menacée. Il est impressionnant de voir à quel point elles grandissent lentement. A un an, une tortue est à peine plus grosse que ma main ! Il leur faut quarante ans pour atteindre leur taille adulte mais elles peuvent vivre jusqu’à quatre-vingt ans. Nous avons pu voir un mâle et une femelle immenses se battre pour manger des bouts de feuilles que les paysans du coin leur apportent.
 
Les habitants de l’île se sentent très concernés par la protection de la faune et de la flore endémique (issue de l’île). C’était assez intéressant de voir ces immenses tortues, mais je préfère les tortues de mer. Je les trouve bien plus gracieuses et belles. D’ailleurs, en anglais, elles ne portent pas le même nom. On dit tortoises pour les tortues de terre et turtles pour les tortues marines. Après tout, ce n’est pas la même espèce.
La plage de Puerto Chino était une simple plage de sable blanc. Ce qui doit être exceptionnel pour les gens d’ici mais qui n’était pas vraiment passionnant. Mais nous nous sommes bien rafraîchies et avons profité du soleil. Encore une journée bien remplie !

Comme vous pouvez le voir, nous n’avons pas chômé ! Il y a tous les jours quelque chose à faire et nous rentrons chaque soir au bateau épuisées mais ravies. C’est vraiment trop le bonheur !

Un post sur la suite de la semaine suivra bientôt avec encore plein de nouvelles, plein de snorkeling et plein de soleil !

mardi 28 janvier 2014

Montrer patte blanche à l'arrivée

Je sais, je sais, nous sommes mardi 28 janvier et cela fait déjà quatre jours que nous sommes arrivées. Nous avons fait plein de trucs mais, avant de vous parler des bébés lions de mer trop chous, des crabes rouges et turquoises, des iguanes, du tri sélectif des ordures, de la gestion de l’eau et de toutes ces choses passionnantes, il faut que je vous raconte l’arrivée à Puerto Baquerizo Moreno. Ce moment impérissables de l’arrivée qu'est la clearance, en d’autres termes les formalités de douane et d’immigration. Alors voilà, petit retour en arrière dans le temps:


Il est 8 heures du matin, vendredi dernier. Nous avançons lentement dans la baie, regardant autour de nous où nous allons bien pouvoir nous mettre.  Nous nous faufilons entre un cargo en train de décharger sa marchandise sur des barges qui font l’aller retour avec le quai (des palettes de bouteilles de coca, les rouleaux de PQ, les sacs de ciment, les cartons de trucs et de machins, c’est un va-et-vient continuel)  et un gros yacht à moteur.

Le voilier suédois qui, contrairement à nous, ne s’est pas arrêté pour attendre la fin du grain, vient de mouiller sur la gauche. Ok, cela me va aussi, allons de côté là.

Un water-taxi se rue sur nous:

Avez-vous besoin d'un agent ?
Non non, nous en avons un, c’est Bolivar Pesantes.
Ah bon, alors je vais le prévenir de votre arrivée.

Trop sympa !

Il faut que je vous explique. Un agent (maintenant vous savez ce que c’est !) est obligatoire aux Galapagos, à partir du moment où vous voulez visiter plusieurs îles. Il va se charger de vous obtenir un autografo, le sésame qui ne vous permet pas de découvrir les îles à votre guise, non, mais qui vous autorise seulement à vous rendre dans les ports des trois îles principales: San Cristobal - où nous sommes - Santa Cruz et Isabella.
Sans autografo, vous ne pouvez visiter qu’une seule île.

Bolivar Pesantes arrive sous la pluie battante en water-taxi avec sa petite mallette noire, et repart presque aussitôt avec nos passeports, les papiers du bateau, le certificat de fumigation de Panama... et après nous avoir délestées, hop-là, de 1000 $. Il promet de revenir plus tard avec les autorités pour la redoutable visite sanitaire.
Avisant au passage la canne à pêche dans le balcon arrière il me conseille de la dissimuler à l’intérieur du bateau. Dans l’intervalle, nous avons quelques heures devant nous pour ranger le bateau et dormir un moment.

En début d’après-midi, on nous hèle: c’est Bolivar, accompagné d’un fonctionnaire de l’immigration qui veut voir nos têtes avant d’apposer le tampon sur le passeport. Incroyable! Nous n’avons même pas besoin de nous déplacer....
Puis, une heure plus tard, voici un débarquement tout ce qu’il y a de sérieux: 4 fonctionnaires et Señor Pesantes grimpent sur le bateau et s'installent tant bien que mal dans le cockpit mouillé de Sir Ernest.
Et c’est parti pour l’inspection en règle du bateau. J’avais très peur qu’on nous refuse l’entrée des Galapagos parce que nous n’avons pas de cuve à eaux noires, qui semblait obligatoire à la lecture des blogs récents.
Armé d’une lampe de poche, le fonctionnaire me fait ouvrir tous les équipets. Ceux de la cuisine, les coffres où sont rangées nos réserves, il veut voir le riz -  donde esta el arroz ? mais est rassuré de le voir en bocaux de verre ou bien serré dans des ziplock. J'ouvre tout: les coffres à outils, celui des pièces de rechange du moteur, il inspecte tous les tiroirs et soulève les t-shirts, s'arrête un instant devant les grandes Crocks de Thibault... Il jette un regard critique sous les planchers, dans la cale moteur,  absolument partout, dans tous les recoins, mais il ne pose pas la question fatidique :” Do you have a holding tank ?”... ouf !

Quelques minutes plus tard et quelques formulaires plus tard tout le monde s’en va, et nous nous retrouvons un peu groggy,  Mahaut et moi. Cette fois c’est bon, nous sommes officiellement entrées aux Galapagos. A nous les otaries, les iguanes, les fous à pattes bleues et autres merveilles !

Apéro pour fêter ça et tout de suite après, une nuit de sommeil entière pour récupérer. Quel luxe !